Kürekçi/Kelekçi Zaza Kürtleri (1901)

Kürekçi/Kelekçi Zaza Kürtleri (1901)

KELLEK, RADEAU SUR LE TIGRE EN AMONT DE DJÉZIREH – D’APRÉS UNE PHOTOGRAPHE
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20 octobre. – Nous embarquons des poules, des oies, du pain, du riz, des conserves, du cognac, des légumes, enfin une quantité de provisions sur notre kellek; nous nous casons aussi bien que possible et nous nous mettons en route. Nous avons deux Kurdes Zazas pour manier les rames. Les rives du fleuve sont peu élevées, verdoyantes, cultivées; cependant, les villages riverains sont habités par des Kurdes Millis plus pillards que travailleurs. Selon les régions qu’ils habitent, les tribus auxquelles ils appartiennent, les Kurdes ont des occupations différentes. Ceux qui ont quitté la vie nomade sont devenus des cultivateurs paisibles, aisés, des éleveurs de bestiaux comme dans le vilayet de Bitlis. Malheureusement, la plupart de leurs congénères s’adonnent au brigandage et sont un fléau pour les populations vivant dans leur voisinage. Enrégimentés, ils font de bons soldats sous des chefs énergiques, mais leur bravoure n’égale pas celle des soldats turcs.

Le Tigre est très poissonneux sur tout son parcours; les Kurdes ont un procédé expéditif et peu laborieux pour pêcher; ils font des boulettes qui ont la propriété d’endormir le poisson et même de le tuer. Quand il flotte à la surface de l’eau, ils l’amènent à eux avec des bâtons, le vident, le lavent et puis le vendent.

Nous franchissons une digue construite en branchages destinée à faire monter l’eau; le passage laissé au kellek est très étroit. Pour le franchir sans accident, un de nos kellekdjis s’est mis à l’eau, le corps entouré d’une longue corde dont l’extrémité est attachée au radeau; dans cette positionil le maintient, l’empêchant de traverser trop rapidement, procédé sans doute en usage du temps des Assyriens. L’autre batelier, pendant ce temps, dirigeait le radeau avec sa rame.

Les journées sont chaudes et monotones, les nuits fraîches. Nos Kurdes Zazas chantent en ramant, notre zaptié nous traduit leurs chansons. Les Kurdes aiment le chant. S’arrêtent-ils au bord d’une fontaine, cheminent-ils dans la plaine ou dans la montagne, quelque chanteur entonne toujours une mélopée. Commencée sur un ton aigu, elle descend aux notes graves auxquelles les assistants se joignent en sourdine. Ce sont plutôt des récitatifs animés, bizarres, sauvages, qui tantôt célèbrent des aventures de guerre, des scènes de brigandage, des récits dé vengeance, tantôt l’amour des belles ou l’enlèvement d’une jolie fille.

Source: Le Tour du monde, Paris. 1901, p.173

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UNE VISITE AUX HARAS D’ASIE MINEURE – I

PAR LES DEUX ROUTES DE CONSTANTINOPLE A BAGDAD,
PAR FUAD-BEY-WUZAFFEH-CZAYKOWSKI,
INSPECTEUR MILITAIRE DES HARAS DE L’EMPIRE OTTOMAN.

Source: Le Tour du monde, Paris. 1901, p.169-180

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